Créer des jeux de société, c’est un peu comme une randonnée 🥾
Tu commences gonflé à bloc, et puis BAM, tu te retrouves face à un obstacle que t’avais pas vu venir.
Mais tu continues quand même, parce bon, le sommet est là-haut et qu’apparemment la vue est juste INCR’ 🤩
Tout part d’une feuille blanche
Ce que j’adore dans la création de jeux, c’est cette liberté totale.
Une feuille blanche, et TOUTES les possibilités du monde s’offrent à nous. Un peu comme une map monde finalement !
Tu as la liberté d’aller où tu veux, d’explorer les moindres recoins 🗺️
Bah avec les jeux de société, c’est pareil ! Tu peux créer un jeu sur n’importe quoi : un facteur qui construit un palais en cailloux pendant 33 ans, des paysans qui se foutent sur la gueule pour des carottes, ou même… les prouts 💨
Mes jeux sont colorés, décalés et un poil loufoques. Et vous savez quoi ? C’est exactement ce que je veux, et c’qui me caractérise !
Parce que pour moi, un jeu, c’est avant tout un moment de partage, de rires et de taquinerie ! 🥳
En randonnée, tu choisis ton spot :
Plutôt du gros dénivelé pour en chier sa race ? 🥵
Ou plutôt quelque chose de pépouze pour se détendre ? 😌
Et puis, on part plutôt quand il y de la neige ?
Ou plutôt quand il fait doux ?
Généralement, mes idées de jeux me tombent dessus sans prévenir : en plein milieu de la nuit, pendant une randonnée, dans les transports, etc.
Finalement c’est assez viscéral, impulsif : c’est maintenant. Vite, je note ça dans mon petit cahier ou sur mon téléphone avant de l’oublier !
Parfois c’est le thème qui guide tout : Randognon, je voulais un jeu sur la randonnée, point. À l’époque, y’en avait pas, donc j’en ai créé un.
Parfois c’est la mécanique : pour Bagarre, je voulais un jeu à rôles cachés. Et étant attaché à mes racines, bah j’en ai fait un jeu avec des paysans de Drôme-Ardèche qui se foutent sur la tronche. Mon papi est même un des boss paysans. Classe, non ? 💪🏼
Parfois on en chie grave
👋🏼 Coucou c’est moi, la phase de test !
C’est l’étape la plus éprouvante et la plus dure.
Ça dure longtemps, tu fais face aux critiques (même si elles sont constructives, ça vient toujours un peu toucher), tu reviens sur tes idées, tu repars de zéro… 🥹
C’est ÉPUISANT de ouuuuuf.
C’est cette montée sévère dans les éboulis, celle qui monte au sein graal ! ⛰️
Celle où tu es prêt à jeter ton sac à dos par dessus bord, parce que t’en a ras le cuuuuuuul !
Celle qui te fait dire « putain, pourquoi j’suis là ? Pourquoi je me fais mal comme ça ? » 🤔
Mais c’est aussi celle-là qui te confirme que c’est finalement c’est vraiment ça que tu aimes !
Se planter, c’est OK (et même nécessaire)
Qui ne s’est jamais vautré en pleine randonnée ?
Genre tu regardes la montagne d’en face et tu ne vois pas ce satané caillou devant toi…BAM. 🚑
La gueule au sol, le nez en sang, le genou en vrac (bon, j’exagère un peu le truc, ok).
Dans la plupart des cas, quand tu chutes juste (et que tu ne meurs pas), tu n’arrêtes pas à vie la randonnée. NORMALEMENT.
Quand je randonne et que je me trompe de chemin, je reviens sur mes pas et je râle (beaucoup).😤
Je cherche le bon sentier. Parfois, je galère de ouf, mais je continue…et dans la plupart des cas on finit par y arriver.
Baaaah pour les jeux, c’est pareil.
Tu fais des impasses, des erreurs, tu testes des trucs qui ne marchent pas. 🤷🏽♂️
Ton jeu est super cool sur papier, mais quand tu le testes c’est une vrai cata : ça ne fonctionne pas, ça bloque, ça tourne en rond.
Tu vois des retours négatifs, des gens qui critiquent, qui ne comprennent pas, qui n’aiment pas.
Mais tu continues, parce que c’est ça, le processus créatif 🤠
J’ai voulu faire des jeux écolos, produits en Europe, sans plastique. J’y suis arrivé avec Randognon et Bagarre.
Mais pour d’autres projets, j’ai dû faire des compromis, produire en Chine par exemple.
Je l’avais grave amer, mais j’ai assumé. Parce que parfois, l’échec, c’est aussi accepter que tu peux pas tout faire parfaitement.
La folie ? C’est ma force
Avec des noms de jeu comme Bagarre, Prout, Draculotte, je sais que mes jeux peuvent interpeller !
Et franchement, tant mieux.
Je mets des clins d’œil partout : le logo de Randognon reprend les lignes de niveau du Mont Mezenc, mon site de randonnée lesboucsentrain.com est caché dans les règles. Mon fiston Lucien a toujours son nom dans plusieurs projets, les agriculteurs dans Bagarre sont réellement de Drôme-Ardèche, la « gamine » de la bande annonce de Cheval qui en réalité est jouée par mes nièces (des jumelles ma gueule) !
Je claque des easter eggs dans tous les sens et je crée des liens entre mes différents projets !
Faire des bandes annonces complètement éclatées où on voit jamais le jeu… C’est ma patte. Mon délire.
Et je pense que si les gens kiffent mes jeux, c’est justement parce qu’ils sentent ce truc-là.
Cette authenticité, ce p’tit truc qui fait qu’un jeu n’est pas juste un objet, c’est une histoire, une émotion, un univers.
Et la fatigue alors ?
Non mais on ne va pas se mentir hein. C’est dur. J’en chie.
A décider de tout faire seul, on s’épuise 😮💨
Personne n’est là pour porter notre sac à dos (bah alors les sherpas ? Z’êtes où ? 💁🏼♂️).
Enfin, il y a toujours des gens qui gravitent autour de tout ça évidemment : ma meuf qui m’accompagne et m’épaule, une relectrice qui corrige mes règles, mon distributeur qui vient porter mes projets le plus loin possible, les testeurs sur instagram / en festival ou ailleurs !
Et même si parfois je me prends des grand murs dans la tronche ou que je ressens une fatigue (spoiler : depuis 2021 j’ai sorti 14 jeux : Randognon v1, Bagarre v1, Randognon v2, L’Oracle Babet, Sosisson, un jeu pour SNCF, Cheval, Babet, Sauvons l’Ardichou, Randognon v3, Bagarre v2, un jeu pour le PNRMA, un jeu pour le CDOS, Prout…) j’aime ça.
Et puis, comme en rando : parfois tu galères dans la montée, mais quand t’arrives au sommet et que tu vois la vue, tu te dis que ça valait le coup.
Bon, parfois y’a d’la brume 🫠
Mes jeux, c’est ça : des p’tits sommets grimpés un par un. Avec des fous rires, des galères, des doutes, mais surtout… beaucoup de kiff.
Alors, si vous aussi vous avez envie de créer un jeu, tentez. Vraiment.
Y’a pas de petits succès, y’a que des projets 🐣